samedi, 26 août 2006
09/2010 : L'Etat français en BANQUEROUTE (prospective politique)
La tragédie était en cours d’écriture depuis près de 30 ans. Certains font remonter la genèse de la catastrophe en 1974, lorsque VGE apeuré par la naissance du chômage commençait à recourir à l’emprunt pour financer l’Etat-Providence. D’autres préfèrent dater le péché originel à mai 1981, lorsque les socialistes fraichement arrivés au pouvoir ont vraiment financé leur utopie aux frais des générations futures. Les 30 années qui ont suivi ne furent qu’une fuite en avant : embauches de fonctionnaires à tour de bras sans réelles nouvelles missions d’importance (près de 6 millions en 2010), refus des politiques d’adopter de véritables réformes (retraites, santé, fonction publique, …), la dette de l’Etat ajoutée à ses engagements de financement des retraites ont fait grimper le taux d’endettement de l’Etat à près de 250% du PIB. Pendant cette période, on a pu assister à la renaissance d’une France des privilèges (avec sa haute noblesse : hauts fonctionnaires, grands patrons, hommes politiques corrompus, et sa basse noblesse : la fonction publique) face à une France laborieuse (salariés, artisans, commerçants, petits patrons). Et surtout, une France des exclus (chômeurs, SDF, RMIstes, immigrés, …). Trois castes qui au lieu de s’unir s’affrontèrent. La France laborieuse était la seule à faire vivre les deux autres castes. C’est une mission qu’elle acceptait sans trop sourciller par soucis de solidarité nationale.
Pourtant, quelques voix s’étaient élevées dès la fin des années 90, et surtout à l’occasion des élections majeures de 2007 (présidentielles, législatives), dont les plus virulentes provenaient du tout jeune parti Alternative Libérale. Pour eux, l’enjeu était bien de rassembler les trois castes pour un nouveau « 4 aout » (abolition des privilèges) et de pouvoir enfin accueillir les exclus dans la caste des laborieux. Mais les deux grands partis (PS et UMP) n’ont rien voulu entendre. Les français furent tout aussi aveugles que les trente dernières années alors que la fin était toute proche … Les résultats des élections furent cocasses ! La France se dotait d’un Président charismatique en la personne de Nicolas Sarkozy qui n’eut aucun mal à battre Jean-Marie Le Pen. Mais le Parlement fut d’une teinte rosâtre assez marquée emmenée par la non moins charismatique Ségolène Royale. Le PS a donc pu mettre en œuvre son programme suicidaire qui accélérait les déficit budgétaires (hausse du SMIC, EVA, patriotisme économique, aides sociales, aides à la petite enfance, construction de logements sociaux, …).
Pourtant, dès la fin 2007, le déficit budgétaire représentait déjà 25% des recettes, 4.2% du PIB (chiffres officiels après maquillage). La dette de l’Etat « officielle » 1300 milliards d’Euros, la dette véritable 2200 milliards. Et cette dette monte inexorablement, alimentée par les déficits budgétaires accumulés, et la hausse des taux d’intérêts ! Les bonnes intentions de Maastricht (1993) sont oubliées depuis fort longtemps.
Mais la cécité reste tenace : on se glorifie de la baisse du chômage à 7.8% sans avouer que celle-ci n’est qu’une réaction mécanique au vieillissement de la population. Les sexagénaires très nombreux laissent leur place aux jeunes en voie de disparition, en plus des vieux réflexes d’emplois publics aidés et de radiations des chômeurs. Français ! tout allait très bien ! vous pouviez dormir tranquille …
Cette léthargie coupable continue tranquillement jusqu’en été 2010.
En pleine canicule de juillet, alors que nos ministres font la tournée des maisons de retraite pour s’assurer que nos anciens boivent bien de l’eau fraiche et peuvent se réfugier dans leurs cantines climatisée, la première alerte éclate.
28 juillet 2010 : communiqué AFP : l’agence Standard and Poors baisse la note de solvabilité de l’AFT (Agence Française du Trésor) ainsi que de la CADES (Caisse d’Amortissement de la DEtte Sociale) de AAA vers AA- . A ce moment là, la dette cumulée de l’Etat (dette officielle et engagements sociaux) dépasse les 4000 milliards d’Euros, plus de 200% du PIB.
Notre ministre de l’Economie et du Budget de l’époque s’empresse de minimiser la portée de cet événement : « Nous ne sommes pas un mauvais élève à qui ont refuse des bons points. La France ne se fera pas dicter sa conduite par une agence américaine ».
Les français, tout auréolés de ce ministre patriote qui sait renvoyer dans son terrain ces américains capitalistes prétentieux, partent tranquillement en vacances sur la côte. Mais la mèche est allumée, elle est courte.
Le même ministre de l’Economie est réveillé par un haut fonctionnaire de l’AFT (Agence Française du Trésor) le 19 aout dans sa villégiature de vacances en Guadeloupe. Il est 9H00 à Paris :
Fonctionnaire AFT : « Monsieur Le ministre, nous avons un problème ».
Ministre : « Cela ne peut-il attendre demain ? Il est 3H00 ici mon vieux ! »
Fonctionnaire AFT : « Notre émission de 23 milliards d’Euros de Bons du Trésor ne trouve pas preneur sur les marchés ».
Ministre : « Le mois dernier vous aviez déjà eu un peu de mal, décarcassez vous un peu ! Les épargnants américains et japonais existent toujours que diable ! »
Fonctionnaire AFT : « Ils existent, mais n’achètent plus nos Bons du Trésor… Notre notation AA- nous handicape fortement …».
Ministre : « Augmentez le taux d’intérêt des Bons mis en vente sur le marché, l’appât du gain finira toujours par allécher les retraités yankees !»
Fonctionnaire AFT : « Nous sommes déjà au dessus du raisonnable, à chaque hausse de taux nous sommes obligé le mois suivant d’emprunter plus encore pour financer, et de toutes façons, même avec cet avantage aux souscripteurs nous ne parvenons pas à placer nos bons. Seuls quelques investisseurs privés français nous font confiance. Mais l’immense majorité des souscripteurs internationaux habituels nous a laché. En fait, devant l’impossibilité réelle d’emprunter pour rembourser nos emprunts nous avons désormais besoin d’une décision politique pour savoir quels budgets nous stoppons net pour continuer le fonctionnement de l’Etat ».
Ministre : « Bon sang ! Etes vous en train de me dire que la France est en cessation de paiement ?»
Fonctionnaire AFT : « Oui Monsieur le Ministre. Et nous autres, hauts fonctionnaires du Trésor, demandons ce qu’il convient de faire pour gérer cela ».
Les problèmes de trésorerie de la France firent le tour du monde du microcosme financier international en quelques heures. Plus aucun organisme Français ne put s’appuyer sur la caution de l’Etat pour financer sa dette… AFT, CADES, Ville de Paris, Régions de France, UNEDIC, … Les journaux grands publics français ne chavirèrent pas dans le catastrophisme immédiatement. Il fallu en fait attendre les premiers effets directs de la banqueroute au début du mois de septembre : défaut de paiement de toutes les aides et subventions (aides à l’emploi, aides à l’investissement), annulation précipitées d’achats et d’investissements de plusieurs ministères : des lycées en cours de construction furent stoppés nets, les travaux de rénovation, les renouvellements d’armements du ministère de la Défense, le consortium chargé de la ligne TGV-Est ne reçut plus de fonds, les associations de quartier habituées d’employer des grands frères en contrats aidés furent délaissées … L’Etat n’eut plus d’autres choix que de se serrer la ceinture, mais ces petites mesures ne suffirent pas. Pour se passer de la possibilité d’emprunter comme le marché international l’y contraignait, l’Etat devait trouver à économiser près de 3 milliards d’Euros par semaine !
Certains fonctionnaires commencèrent à se plaindre des retards de paiement de salaires ou de primes, les collectivités locales (Régions, Départements, Communes, …) réclamèrent de plus en plus désespérément les reversions fiscales qui leur étaient dues au titre de la décentralisation, la RATP dont les ventes ne dépassaient pas 40% des charges d’exploitation commençait à se demander pourquoi la manne de l’Etat se faisait autant attendre…
En moins de 30 jours, les français avaient compris. Les premiers touchés furent les soit-disant « petits-privilégiés » d’hier, mais le secteur privé ne tarda pas à ressentir les effets de la banqueroute devant l’absence subite de marchés publics … et des impayés des marchés déjà en cours.
Les exclus d’hier, nouveaux pauvres, SDF, travailleurs précaires plongèrent pour le coup dans la misère.
A la fin 2010, la France comptait 40% de chômeurs (statistiques non officielles, car l’Etat n’était plus en mesure de comptabiliser les effets de sa banqueroute). 40% ! C’était exactement le taux de pauvreté avant redistributions sociales en 2005 ! La France était une vieille dame qui masquait sa misère derrière une épaisse couche de maquillage en trompe-l’œil. Le maquillage a coulé et nous découvrions dans quelle décrépitude était notre pays.
Depuis 2010, notre pays paie les fautes de nos ainés. Le diktat du pool d’Etats du monde entier, mené par les fonctionnaires du FMI dirige la France. Les gouvernements qui se suivent depuis la banqueroute ne servent qu’à avaliser, sous la contrainte, les décisions de nos créanciers.
Pour éviter cette catastrophe, il aurait pourtant suffit que les grands politiciens de 2007 arrêtent tous ensemble de mentir aux français. Il était encore temps d’appliquer une autre politique faite de réformes, une Alternative Libérale maitrisée plutôt qu’un électrochoc imposé par le FMI.
Document écrit en 2027.
Note : Téléchargez ici le rapport Pebereau en entier (12/2005)
15:50 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, banqueroute, etat, france, PS, UMP, socialiste



Commentaires
Vous ne renouvelez pas vos articles, vous les rééditez ou les recopiez... c'est lassant pour ceux qui les lisent, heureusement rien qu'au titre je ne les lis pas.
Bonne journée.
Écrit par : Rony | mardi, 15 août 2006
excellent article,chacun peut d'ailleurs avoir un avis convergent dès lors que le citoyen de base essaye de comprendre et de se faire sa propre idée sur ce vaste problème.
Écrit par : gilles | mercredi, 16 août 2006
Excellent article! Le problème, c'est que, les français, comme les suisses d'ailleurs, ont peur du changement! À force d'avoir toujours été sous tutelle dès la naissance, ils n'arrivent pas à imaginer ce que serait une société ou tout un chacun serait pleinement responsable de ses actes. À tous ceux qui se reconnaissent dans ma phrase, je conseille de lire "Libéralisme" de Pascal Salin... et si comme moi, vous restez foudroyés et remerciez pour autant de lumière... eh bien... vous comprendrez mieux les idées d'Alternative Libérale ;o) en toute sympathie, Veronika, porte parole du neo mouvement "libériste", Tessin - Suisse (française double nationalité ;o)))
Écrit par : Veronika | mardi, 29 août 2006
Écrire un commentaire